La codéine récréative fait des victimes

Depuis le début de l’année la codéine prise à des fins récréatives a entraîné au moins 8 cas d’overdose et 2 morts. Le détournement de médicament inquiète généralement les autorités mais celle-ci touchant plus les jeunes requiert une attention toute particulière.

Les médicaments détournés

Quoi de plus naturel de penser que les médicaments pour traiter les drogués sont détournés de leur usage. Les dérivés de morphine classés comme stupéfiant ne parait pas non plus surprenant, sans compter tous les médicaments qui ne se délivre que sur ordonnance. Mais lorsqu’il s’agit de médicament contre la toux, cela parait surprenant. Pourtant c’est d’eux dont il s’agit : des dérivés de codéine, prométhazine et soda forment le mélange récréatif nommé « purple drink ».

Des médicaments en vente libre en pharmacie ?

La préoccupation des autorités de santé et des pharmaciens n’est pas simple. Il s’agit en effet de médicament dont la vente ne nécessite pas d’ordonnance en pharmacie. Elle n’est cependant pas complètement libre : les pharmaciens ont un droit de refus de vente. Depuis l’alerte lancé par les autorités sanitaires il y a près de 2 ans sur l’augmentation de ces pratiques, les cas de refus de délivrance au comptoir des pharmacies n’est plus rare.

Limiter l’accès à ces médicaments pour réduire le risque

La mère d’une des victimes a lancé une pétition afin de demander à la ministre de mettre ces médicaments dangereux sur prescription médicale uniquement. Les responsables de la santé demandent de leur côté des études permettant de connaitre des typologies de consommation, de détournement et de préciser l’impact sur la santé publique. Ces produits, même s’ils étaient sur prescription médicale sont très largement prescrit et leur accès est donc relativement facile. Les pharmaciens sont aujourd’hui -et pour tous les médicaments- le dernier rempart au mésusage et au danger médicamenteux.

En conclusion, une citation de Paracelse : « Tout est poison et rien n'est sans poison; la dose seule fait que quelque chose n'est pas un poison »

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS

Ajouté le 13 juin 2017 à 00:50