Pictogrammes "grossesse" : bonne ou mauvaise idée ?

Depuis octobre 2017, peut être que certains de vos médicaments ont vu apposés sur leur emballage un pictogramme grossesse. Suite à un décret, les firmes pharmaceutiques ont été obligées de mettre un pictogramme spécifique sur le conditionnement extérieur des médicaments « tératogènes » ou « foetotoxiques ». Ces pictogrammes ont entrainé de l’inquiétude chez certains patients et mis les professionnels de santé dans une situation difficile à gérer. Cette apposition partait d’une bonne intention mais l’Académie Nationale de Médecine se rend compte qu’il est préférable de redéfinir le périmètre de ce décret afin d’en d’obtenir les résultats attendus.

Que signifient ces deux pictogrammes ?

Il y a un premier modèle qui indique qu’il ne faut pas utiliser le médicament sauf en l’absence d’alternatives thérapeutiques : « Médicament + Grossesse = Danger ». Et un deuxième qui est formellement contre-indiqué en cas de grossesse : « Médicament + Grossesse = Interdit ».

Pourquoi ces pictogrammes n’ont pas eu l’effet voulu ?

Dans le décret, il y a une absence de précision sur certains points très importants dont les suivants : il n’est pas spécifié si la notion de foetotoxicité ou de tératogenèse doit être fondée sur des données humaines ou animales, l’apposition du pictogramme se fait sur la base du résumé des caractéristiques du produit qui peuvent juste évoquer un risque sans études préalables. Les firmes pharmaceutiques ont préféré, à cause de ce manque de précision, élargir le champ de l’apposition de ces pictogrammes dans une optique de protection médico-légale.

Comment se rassurer face à ces pictogrammes ?

Il existe une quinzaine de substances tératogènes chez l’humain et une quarantaine de foetotoxiques* ce qui représente 10% des spécialités sur le marché. Or, actuellement environ 60 à 70% des spécialités ont vu ce pictogramme être apposé sur leur emballage. Vous avez des doutes ? N’hésitez pas à vous rapprocher de votre médecin ou pharmacien, ils pourront vous informer.

Dr Elodie Duquenne