L’éjaculation précoce ou l’éjaculation prématurée

Plus de 50% des hommes auraient été confrontés à ce trouble sexuel au moins une fois dans leur vie. Il s’agit d’une éjaculation non maitrisée survenant trop tôt. Ce trouble finalement courant n’est pas irréversible et peut se soigner.

Un trouble sexuel à caractère social

L’éjaculation est un phénomène permettant à l’animal de se reproduire. L’homme s’en différencie par le détachement du besoin biologique et à l’association du plaisir de l’acte. La part psychologique et environnementale de l’éjaculation précoce est donc une part entière de ce trouble. D’un point de vue physiologique, il n’y a pas de malformation, tout fonctionne normalement ; c’est une question de seuil de déclenchement.

Le comportement dans la masturbation, et notamment lors de la jeunesse peut contribuer à favoriser ce trouble. Le fait de vouloir à tout prix raccourcir le temps de la masturbation et de la pratiquer lorsque l’homme a peur d’être surpris entraine une volonté d’avoir une éjaculation rapide. C’est ainsi que le corps s’adapte et diminue alors le seuil éjaculatoire.

Des traitements efficaces

Il existe différents traitements pour traiter l’éjaculation précoce. Comme ce n’est pas une maladie, il s’agit de travailler sur l’hypersensibilité du gland, qui d’un point de vue physiologique, fonctionne très bien : l’éjaculation précoce est réversible !

Il faut donc considérer l’aspect psychologique et l’impact sur le couple ou même sociétal. Des médicaments permettent de ralentir l’arrivée de l’éjaculation. Il s’agit d’anesthésiques locaux ou des médicaments de la famille des antidépresseurs. Bien sûr, ce sont des médecins, et à fortiori des spécialistes comme des sexologues, qui doivent encadrer la prise de ces médicaments. Eh oui, les médicaments ont des effets secondaires et des conditions de prise à respecter. Certains traitements homéopathiques sont aussi prescrits pour favoriser le retour à une sensibilité acceptable.

Mais c’est l’encadrement et le travail qui seront le véritable défi. Des exercices particuliers permettant notamment au cerveau de différencier masturbation et éjaculation, de travailler les certains muscles de la ceinture pelvienne et du périnée, ou de relaxation, permettront au couple de revivre une sexualité épanouie. Bref, une rééducation par le jeu, les préliminaires et la masturbation pour permettre de contrôler et stabiliser son niveau d’excitation.

Seul ou avec sa/son partenaire

Le dialogue est le premier pas vers la guérison. A défaut d’être traitant, il est libératoire. Puis le soutien psychologique est nécessaire à l’amélioration de l’endurance. Avancer et ne pas se focaliser sur des échecs est un travail de couple. L’amour du couple, la passion du moment partagé et la tendresse sont des valeurs clés sur lesquelles s’appuyer. L’homme sans partenaire fixe travaillera seul avec des techniques spécifiques afin de regagner la confiance en soi qu’il avait perdu. Les nouveaux partenaires seront alors sensibles aux caresses massages, cunnilingus et anulingus qui ne seront que des exercices pour une amélioration des performances !

L’éjaculation précoce est réversible. Elle doit être accompagnée par un spécialiste qui prendrait en compte les différents aspects de ce trouble et soutenue par le partenaire pour faire de l’acte un moment dénué de caractère anxiogène, car la sexualité ne doit être qu’un moment de partage et de plaisir !  

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS

Ajouté le 8 juin 2017