Maladie hautement contagieuse, la diphtérie endommage le système respiratoire et nerveux et peut entraîner la mort. Très contrôlée, sa quasi-disparition du territoire français s’explique par une campagne de prévention efficace et une couverture vaccinale généralisée. Portrait des symptômes, du traitement et de la prévention d’une infection aussi redoutable que combattue.

 

La diphtérie, des symptômes touchant la sphère ORL

La diphtérie est causée par différentes bactéries, la principale étant la corynebacterium diphteriae. Elle se transmet par contact avec des plaies cutanées et par le biais de sécrétions rhinopharyngées. Une autre forme de la diphtérie se propage via la bactérie C. ulcerans, présente dans le lait cru et se transmettant par contact avec des chiens, des chats ou des bovins. Enfin, la maladie peut également être causée par la bactérie C. pseudotuberculosis, qui se transmet entre humains suite au contact avec des petits ruminants infectés.

La période d’incubation de la diphtérie est en général de deux à cinq jours. Ses symptômes se caractérisent par une atteinte de la sphère ORL. L’angine diphtérique s’accompagne d’une fièvre, d’une céphalée et d’une tuméfaction du cou. Les amygdales sont également endommagées par la maladie.

Celles-ci se couvrent de membranes blanchâtres qui se répandent dans le pharynx. Dans les cas les plus graves, ces membranes peuvent être saignantes et obstruer le larynx, voire la trachée et les bronches. La diphtérie cutanée se manifeste par ces mêmes membranes sur une ulcération cutanée ou une plaie préexistante. Ces membres sont issus de la toxine diphtérique provoquée par la bactérie responsable de l’infection.  

 

Le traitement multiforme de la diphtérie 

Une fois le diagnostic posé, il est primordial d’administrer au plus vite le traitement pour combattre l’infection. Celui-ci consiste en premier lieu en un sérum antidiphtérique administré en injection intramusculaire. En complet du sérum antidiphtérique, un traitement par antibiotiques est généralement prescrit en plus d’un isolement respiratoire immédiat et d’une mise à jour du statut vaccinal. Car pour lutter efficacement contre la diphtérie, la vaccination est l’arme la plus efficace.

 

La prévention de la diphtérie ou le succès de la vaccination

Si la bactérie corynebacterium diphteriae a disparu du territoire national, avec seulement 11 cas recensés à Mayotte depuis 2011, c’est grâce au succès de la campagne de vaccination généralisée. Le vaccin contre la diphtérie est obligatoire chez le nourrisson et se traduit par une injection à l’âge de deux mois, d’une deuxième à l’âge de quatre mois et d’un rappel à 11 mois. D’autres rappels sont recommandés à partir de six ans. Chez l’adulte, des rappels sont recommandés à 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis tous les dix ans. Par ailleurs, les autorités de santé recommandent un vaccin contenant une dose limitée d’anatoxine diphtérique (dTPolio) aux voyageurs en partance pour des zones à risque.

En effet, si l’Europe de l’Ouest a réussi à éradiquer la maladie sur son territoire, de nombreuses régions du monde souffrent de la diphtérie, en particulier l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et le sous-continent indien. Dans ces pays, la diphtérie reste un problème de santé publique majeur et une menace particulièrement grande pour les nourrissons et les enfants.

 

Très contagieuse, la diphtérie se manifeste par des symptômes impressionnants qui peuvent conduire à l’asphyxie, faute de traitement. Celui-ci doit être administré le plus rapidement possible pour être pleinement efficace. Comme la coqueluche, la fièvre jaune ou le choléra, la diphtérie fait partie de ces maladies devenues facilement évitables grâce à la vaccination.

 

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